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Toutes les réponses aux questions sur les opérations de sauvetage en Méditerranée

Nous recevons beaucoup de questions concernant les opérations de sauvetage en mer Méditerranée. Le 12 août, nous avons suspendu nos activités car la sécurité de nos collaborateurs n'étais plus assurée suite aux déclarations agressives des gardes-côtes libyens. Ci-dessous vous trouverez les explications qui nous ont poussés à prendre cette décision ainsi que d'autres éclaircissements sur nos activités de recherche et sauvetage.

Pourquoi avons-nous suspendu temporairement nos opérations de sauvetage?

Les autorités libyennes ont mis en place une zone de recherche et de sauvetage qui s'étend au-delà de ses eaux territoriales. La Libye ne veut pas y donner accès aux bateaux humanitaires. L'endroit où la plupart des sauvetages se déroulent se trouve justement dans cette zone définie par la Libye.

Le centre de coordination et de sauvetage maritime (MRCC) italien nous a avertis qu'il y avait des risques de sécurité si nos bateaux entraient dans cette zone. Dès lors, nous ne pouvons pas exposer notre personnel à bord ainsi que les réfugiés.

 

 

Pourquoi MSF gère-t-elle des opérations de sauvetage en mer Méditerranée ?

En tant qu’organisation humanitaire, nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que des milliers de gens se noient en mer. Nous savons que nos actions de sauvetage ne sont pas la solution, mais nous le faisons avec un objectif: sauver des vies. 

Après les terribles naufrages qui ont causé la mort de plus de 1000 personnes et qui ont provoqué beaucoup d'indignation et attiré l'attention des médias en avril 2015, Médecins Sans Frontières a décidé de se lancer elle-même dans des opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée. Plus tôt, en octobre 2014, le gouvernement italien avait arrêté son opération de sauvetage ‘Mare Nostrum’ et les pays européens n’avaient encore rien mis en place. Nous œuvrons en conformité avec les lois nationales, internationales et maritimes, et toujours sous la coordination des garde-côtes italiens.

Pourquoi MSF ne signe-t-elle pas le code de conduite?

La priorité du Code de Conduite proposé par le Ministère de l’Intérieur italien n’est malheureusement pas de sauver des vies. Au contraire, il risque de réduire la capacité de sauvetage déjà insuffisante. Le Code a aussi pour but d’impliquer les ONG dans un système institutionnel qui n’est pas uniquement humanitaire mais aussi de contrôle militaire des frontières, où en tant qu'organisation humanitaire, nous ne pouvons évidemment pas entrer.

Nous nous sommes toujours engagés à discuter de manière constructive avec les autorités italiennes à propos du Code de Conduite pour les ONG en mer. L’année dernière, nous avions d’ailleurs proposé un mémorandum de compréhension pour améliorer la coordination des activités de sauvetage.

MSF refuse-t-elle de coopérer avec la justice italienne et la police?

MSF n’a aucun problème avec le fait d’accueillir la police à bord de ses bateaux, ce qui est déjà le cas à chaque débarquement dans les ports italiens. Cependant, dans aucun des 70 pays dans lesquels nous travaillons, nous n’avons accepté d’armes dans nos hôpitaux. Notre politique de « non-armes » s'applique depuis 46 ans comme condition essentielle aux forces de police, aux armées et aux groupes armés dans les zones en guerre et ailleurs.

Les principes d’indépendance, de neutralité et d’impartialité reconnus internationalement se sont montrés très utiles pour notre travail: ils garantissent ainsi notre contact avec les populations vulnérables et assurent la sécurité de notre personnel et de nos patients partout dans le monde parce qu'ils montrent clairement que notre seul but est d’apporter notre aide. Pour cette raison, l’aide humanitaire doit toujours être entièrement distincte, et perçue comme telle, de toute activité politique et militaire.

Quelles sont vos principales objections au Code de Conduite ?

Il y en a trois :

  • Le Code de Conduite n’a pas comme priorité de sauver des vies
  • La restriction qui empêche les personnes sauvées d’être transférées vers un plus gros bateau de sauvetage limite l’aide en mer.
  • La présence de policiers armés à bord (qui nous oblige à coopérer avec les forces de l'ordre) va à l'encontre de nos principes humanitaires fondamentaux et met inutilement en danger la sécurité de notre personnel et de nos patients.

Dans quelle mesure le Code de Conduite limite-t-il l’aide en mer ?

Le Code de Conduite stipule que les bateaux de sauvetage doivent amener les personnes sauvées vers un port sûr et ne peuvent pas les transférer vers un plus grand bateau. De plus petits bateaux de sauvetage naviguent également en mer. Ils peuvent en cas de besoin distribuer rapidement des gilets de sauvetage et fournir les premiers soins. Lorsqu’ils prennent des gens à bord, ils les amènent à bord de plus grands bateaux. Ces transferts ont toujours été un élément essentiel des opérations de sauvetage en mer, pour s’assurer que les navires de sauvetage travaillent en toute sécurité et s’assurer qu’il y a toujours assez de capacité de sauvetage en mer. Si ces transferts ne sont plus autorisés, cela pourrait conduire à des situations dangereuses.

Que se passe-t-il quand MSF sauve des personnes de la noyade?

Médecins Sans Frontières travaille à 32 kilomètres de la côte libyenne et ne s’approche que si cela est explicitement demandé par le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime basé à Rome ou si nous voyons un bateau en difficulté. Toutes nos opérations de sauvetage se déroulent en coordination avec le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime.

Lors d'un sauvetage, tout le monde est amené à bord de nos navires, personne n’est laissé derrière sur les canoës de réfugiés. Nous marquons ensuite les petits bateaux vides avant que nous prenions le large. Nous détruisons les bateaux vides non étiquetés.

Ensuite, tout le monde est amené dans un endroit de débarquement, choisi par le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime. 

MSF respecte-t-elle les lois internationales et maritimes?

Depuis le début de nos opérations en 2015 en mer Méditerranée, nos activités de recherche et sauvetage se déroulent sous la supervision du Centre de coordination et de sauvetage maritime basé à Rome. Nous continuerons à sauver des personnes en détresse dans le respect des lois nationales, internationales et maritimes.

Pourquoi les réfugiés sauvés sont-ils conduits en Italie?

Toutes nos opérations de sauvetage ont lieu en collaboration avec le Centre de Coordination de Sauvetage Maritime (CCSM) à Rome. Ils sont chargés de coordonner l’ensemble des opérations de sauvetage sur le morceau de Méditerranée entre l’Italie et la Libye. C’est le CCSM qui détermine l'endroit où nos navires peuvent débarquer les réfugiés secourus. Jusqu'à présent, cela a toujours été dans des ports italiens.

Nous ne pouvons pas décider de manière indépendante d’amener les réfugiés ailleurs, comme en Tunisie ou à Malte. 

MSF aide-t-elle les passeurs?

Il est impossible d'exclure le fait que des passeurs profitent des opérations du sauvetage. Cependant, la raison pour laquelle les passeurs sont actifs se trouve ailleurs.

De nombreuses personnes sont désespérées et veulent fuir à tout prix. Parce que l'UE a fermé presque toutes les possibilités,  beaucoup envisagent une option supplémentaire: payer des passeurs pour entamer une traversée illégale. Si des voies de passage légales et sécurisées étaient mises en place pour les réfugiés, ceux-ci ne devraient pas compter sur l’aide des passeurs.

C’est pourquoi Médecins Sans Frontières plaide depuis longtemps pour une solution légale et sûre pour les réfugiés. Tant que cela n’existera pas, les passeurs trouveront des clients.