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Haïti: une catastrophe ne s’efface pas en quelques années !

Le séisme du 12 janvier 2010 a détruit en quelques secondes 60 % d’un système de santé qui souffrait déjà de graves dysfonctionnements. La situation était véritablement catastrophique. MSF a dû installer des structures de soins dans des endroits les plus incongrus, aménager des hôpitaux avec des containers, utiliser son hôpital gonflable pendant des mois... Pour être déjà présentes dans le pays depuis des années, les équipes MSF savaient hélas, qu’après une catastrophe d’une telle ampleur, la plupart des structures médicales ne pourraient pas recommencer à fonctionner normalement avant longtemps.

Et en effet, aujourd’hui encore, les hôpitaux manquent de personnel correctement formé, de médicaments en quantités suffisantes et, faute de moyens financiers, peinent  à assurer un service d’entretien continu et à renouveler le matériel médical. Afin de garantir un accès aux soins minimum à la population, MSF se doit donc de continuer à répondre aux besoins les plus urgents.

© A. Baumel Il y a trop peu d’infrastructures de soins opérationnelles en Haïti. Ce bébé est atteint du choléra depuis plusieurs jours, l’infirmière MSF doit lui installer une perfusion en urgence.
Il y a trop peu d’infrastructures de soins opérationnelles en Haïti. Ce bébé est atteint du choléra depuis plusieurs jours, l’infirmière MSF doit lui installer une perfusion en urgence. © A. Baumel

Services d’urgences MSF à Port-au-Prince

Gratuit et ouvert en permanence, l’hôpital MSF de Martissant prend en charge plus de 45.000 urgences par an. MSF offre le même type de services au centre Nap Kenbe, à Tabarre, à l’est de Port-au-Prince où MSF gère également un programme de formation en chirurgie orthopédique. MSF a équipé l’hôpital d’un appareillage de radiologie, d’un laboratoire, d’une banque du sang, d’équipements de stérilisation et d’une pharmacie. Un soutien social et de santé mentale ainsi qu’un service de rééducation et de physiothérapie permettent d’améliorer la récupération des patients.

 

MSF gère la seule unité pour grands brûlés du pays

Les brûlures - reflet de la pauvreté de la population et conséquence indirecte du séisme de 2010 - représentent un véritable problème de santé publique. Elles sont dues aux conditions de vie toujours très précaires de centaines de milliers d’Haïtiens. Dans certaines habitations, il n’y a qu’un seul espace, souvent exigu pour se reposer, jouer, cuisiner. Les femmes et les enfants sont les plus touchés par ces accidents domestiques. MSF gère le seul centre de grands brûlés du pays : l’hôpital Drouillard, à Port-au-Prince. Doté de trois blocs opératoires, cet hôpital a une capacité d’accueil de 35 lits. Le projet de Drouillard sera prochainement relocalisé dans une nouvelle structure dédiée uniquement à la prise en charge des brûlés. Outre d'améliorer la prise en charge globale et notamment la récupération fonctionnelle et émotionnelle, le nouveau projet aura aussi pour objectif de créer un réseau d’unités de première prise en charge des brûlés dans le reste du pays.

© Y Libessart Hôpital MSF de Drouillard. Grièvement blessée, cette petite fille se rétablit progressivement.
Hôpital MSF de Drouillard. Grièvement blessée, cette petite fille se rétablit progressivement. © Y Libessart

Urgences obstétricales dans la capitale

Le manque de moyens du gouvernement haïtien à allouer à la santé, cumulé à la diminution des financements internationaux, a d’inévitables conséquences sur l’accès aux soins de la population. Pour pouvoir bénéficier d’un suivi médical et accoucher, un nombre sans précédent de femmes enceintes se présentent désormais au centre d’urgences obstétricales géré par MSF à Port-au-Prince. Le centre compte 140 lits et offre en continu des soins gratuits à plus de 10.000 femmes chaque année.

 

Lutte contre le choléra

L’autre priorité majeure reste la lutte contre le choléra. Cinq ans après la première apparition de la maladie dans le pays, le système de santé haïtien manque encore de fonds, de ressources humaines et de médicaments pour y répondre. Situation d’autant plus préoccupante que, beaucoup de Haïtiens n’ayant toujours pas accès à l’eau potable, ni à un réseau sanitaire décent, les épidémies se réactivent fréquemment.

Les équipes MSF continuent donc à apporter leur soutien au Ministère de la Santé en installant les centres de traitement nécessaires et en prenant en charge les patients. MSF met également l’accent sur la prévention en distribuant des milliers de kits de désinfection et en menant des actions de sensibilisation. La dernière en date a  touché plus de 224.600 personnes.

 

MSF un acteur essentiel dans la reconstruction du pays

Au cours des 10 mois suivant le séisme qui a dévasté Haïti en 2010, MSF a pris en charge 360.000 patients, pratiqué plus de 15.000 interventions chirurgicales et distribué chaque jour un demi-million de litres d’eau potable. MSF a, en outre, traité plus de 204.000 victimes du choléra. Présente en Haïti depuis maintenant 25 ans, MSF gère toujours actuellement 4 hôpitaux. MSF reste plus que jamais un acteur essentiel dans la reconstruction du système de santé haïtien.

> Retourner vers le dossier - En Haïti, « l’après-urgence »  reste encore de l’urgence !

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