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Ebola en RDC : deux centres de prise en charge fonctionnels


Dans le cadre de la réponse à l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans la zone de santé de Boende, Médecins Sans Frontières a ouvert deux centres de prise en charge, le principal (qui peut accueillir 40 patients) à Lokolia, l’épicentre de l’épidémie, et un second à Boende, d’une capacité de 10 lits. Les principaux défis sur le terrain restent les contraintes logistiques et la sensibilisation. MSF dispose maintenant de près de 40 personnes sur place, réparties entre Boende et Lokolia, et a déjà envoyé 41 tonnes de matériel.

Ebola à Kalumba, RDC, en 2009. © Jorge Dirkx
Ebola à Kalumba, RDC, en 2009. © Jorge Dirkx

« A Boende, il y a eu très peu de cas alors certaines personnes pensent encore que c’est une invention et que l’Ebola n’existe pas. C’est différent à Lokolia : les gens ont perdu plusieurs de leurs proches, ils savent que la maladie est là et ils sont plus réceptifs à la sensibilisation », raconte le Docteur Papys Lame. Médecin du Pool d’urgence de Médecins Sans Frontières au Congo, il est arrivé sur le terrain dès le lancement de l’alerte. Sur place, l’un des plus grands défis reste la sensibilisation, une activité indispensable pour faire comprendre aux familles comment se prémunir de la maladie et que faire en cas de patient suspect. « Il y a des familles qui ont perdu 4 ou 5 personnes. Un papa a perdu sa femme puis sa belle-sœur. Ensuite, un de ses enfants est tombé malade et est décédé. Le lendemain, c’était un autre de ses enfants qui mourrait. », raconte le Docteur Lame.

Médecins Sans Frontières a ouvert un centre de prise en charge de Lokolia, où 6 patients sont hospitalisés, certains en attente d’une confirmation par laboratoire du diagnostic, ainsi qu’une seconde structure à Boende, qui accueille actuellement deux patients. La sensibilisation permet notamment d’expliquer à la communauté l’importance de la prise en charge. Les deux centres mis en place répondent à toutes les normes en matière de transmission de l’épidémie. « Mettre ces centres en place a été un défi, notamment pour acheminer le matériel. Une fois sur place, il faut prendre le temps de tout prévoir. Une fois que le centre est fonctionnel, peu de changements peuvent être apportés. La préparation est donc indispensable »¸explique Julien Binet, le responsable logistique du projet.

Le Docteur Lame témoigne lui aussi des défis d’une intervention en pleine forêt équatoriale : « Il y a de vraies contraintes logistiques. La route entre Boende et Lokolia est plutôt bonne, et nous avons acheminé des hors-bords pour traverser la rivière Lomela. Mais entre Lokolia et Watsikengo, la route est très mauvaise. Nous avons fait en sorte que les ponts soient réparés mais même avec ces réparations, les véhicules ne passent pas. Ça nous oblige à être créatifs ».

« Pour l’instant, on a deux patients qui vont mieux, on pense qu’ils entrent dans la phase de convalescence. C’est une lueur d’espoir pour les équipes et la communauté », conclut le Docteur Lame.