Médias sociaux

Open the menu

WANAWAKE: la réalité des femmes en zone de conflits

En cette Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, MSF braque les projecteurs sur la réalité des violences sexuelles dont elles sont victimes. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une femme sur trois subit des violences sexuelles au cours de sa vie.

Au delà des statistiques, découvrez les témoignages de 4 femmes installées dans les camps autour de Goma, pour qui survivre est une lutte quotidienne.

Chaque jour, environ 701 femmes victimes d’agressions sexuelles se présentent dans les structures mises en place par MSF dans les sites de Lushagala, Bulengo, Elohim, Shabindu, Rusayo et Kanyaruchinya, une situation inacceptable.

« Le seul moyen que nous avons pour trouver à manger c’est d’aller dans les champs, mais les femmes comme moi qui ont été agressées ne veulent plus y retourner et dépendent entièrement de l’aide humanitaire » raconte une jeune fille de 20 ans qui vit dans la peur après avoir été agressée sexuellement par un homme armé alors qu’elle cultivait des haricots à côté du camp de Lushagala. 

 

Que fait MSF pour les femmes déplacées vivant des les camps autour de Goma?

ww

La situation terrible des femmes et des jeunes filles dans les zones de conflit en République Démocratique du Congo n’est pas une exception. Partout dans le monde, les femmes sont touchées de manière disproportionnée dans les situations de conflit.

 

Violence sexuelle à l'encontre des femmes
Dans le monde, on estime qu'une femme sur 14 (7,2 %) a subi des violences sexuelles de la part d'une personne autre que son partenaire, et que près d'une femme sur trois (30 %) a subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime[1].

Pourtant, ces chiffres sont largement sous-estimés. En effet, le viol est le crime le moins signalé à la justice : dans 75 à 95 % des cas de viol, la police n'est jamais informée[2].

 

La violence sexuelle est présente dans toutes les sociétés, dans tous les contextes et à toutes les époques 
Les femmes et les jeunes filles, déjà confrontées à des situations discriminatoires, deviennent les cibles privilégiées des violences sexuelles dans des contextes d’instabilités, comme celui d’un conflit. D’autres contextes d’instabilités sont liés à une augmentation des violences sexuelles:

  • Les situations d'urgence
  • Les catastrophes
  • Les migrations et déplacements
  • Les camps de réfugiés et de personnes déplacées
  • Les détention 
  • Les zones urbaines densément peuplées

Il n'existe pas de statistiques sur les violences sexuelles qui donnent une image complète du problème ou de son ampleur. 

En effet, la honte, la peur, la stigmatisation et bien d'autres obstacles empêchent un nombre indéterminé de survivantes de recevoir ou même de chercher un traitement. Pourtant, il est essentiel de recevoir des soins médicaux immédiats après une agression sexuelle afin d'éviter des complications médicales aux conséquences physiques et psychologiques graves.

En 2022, 39 926 survivants de violences sexuelles[3] ont eu accès à des soins médicaux et/ou psychologiques dans des structures médicales soutenues par MSF dans le monde entier. 
 

Que fait MSF pour les survivants de violences sexuelles ? 
MSF s'adresse principalement aux femmes, mais aussi aux enfants et aux hommes :

  • Traitement des blessures
  • Prévention des infections (maladies sexuellement transmissibles, VIH, hépatite B, tétanos)
  • Traitement des grossesses non désirées
  • Assistance psychologique

L'aide psychologique aux personnes ayant subi des violences sexuelles peut d'ailleurs être vitale. Nous proposons des séances individuelles ou collectives de conseil en santé mentale, car dans certains cas, un dialogue entre personnes ayant vécu les mêmes situations peut les aider à surmonter le traumatisme.
 

Les femmes dans les conflits et les guerres
On estime que quelque 140 000 femmes meurent chaque année dans des guerres ou des conflits, dont un nombre sans précédent de femmes enceintes. Les conflits violents sont peu reconnus comme une cause de mortalité maternelle, car en temps de guerre, l'attention se porte généralement sur les soldats masculins. 

Lorsqu'un conflit éclate, les femmes et les jeunes filles sont les principales victimes des violences sexuelles. En effet, une tactique de guerre courante est le viol des femmes, dont 90 % sont des viols collectifs. Pour aggraver le problème, les services de santé sexuelle ne sont généralement pas fonctionnels, ce qui rend inaccessibles la contraception, l'avortement sans risque et le traitement des maladies sexuellement transmissibles. Cette accumulation de problèmes est désastreuse pour les femmes dans les zones de conflit et, par voie de conséquence, pour les enfants, les familles et les communautés. 

Il est également prouvé que la violence à l'encontre des femmes enceintes augmente spécifiquement en période de conflit. Par exemple, des rapports montrent que des femmes au Nigeria sont abattues alors qu'elles accouchent, mais aussi que des femmes subissent une ablation du ventre pour tuer le fœtus, que des seins sont coupés ou que des femmes subissent des mutilations génitales en République démocratique du Congo. 

En outre, les femmes qui survivent à cette situation sont sujettes à un syndrome de stress post-traumatique qui, à son tour, a des répercussions négatives sur la maternité et l'éducation des enfants, par exemple.

 

Que faire pour aider?
La honte, la peur et la stigmatisation rendent la libération de la parole très compliquée pour les survivantes. Il est impératif de soutenir et d’amplifier la voix des femmes qui témoignent des violences qu’elles ont subies.

Nos équipes sur le terrain ont constamment besoin de plus de matériel et de ressources pour continuer à soutenir les femmes victimes de violences dans des contextes particulièrement compliqués. 

 


[1] Chiffres de pays tels que l’Afrique du Sud, Lesoto, Burundi, RDC et Colombie
[2] Ibid
[3] Typology MSF