VIH/SIDA
En 10 ans, près de 53 000 patients ont été suivis par MSF et plus de 29 000 atteints du VIH/SIDA
VIH/SIDA
En 10 ans, près de 53 000 patients ont été suivis par MSF et plus de 29 000 atteints du VIH/SIDA
Le VIH - Virus de l'Immunodéficience Humaine - est un virus qui attaque le système immunitaire de l’organisme.
Cette infection peut rester latente pendant plusieurs années : le patient est alors porteur du virus (séropositif). Beaucoup de gens restent des porteurs sains pendant des années et peuvent ignorer avoir été infectés par le VIH.
Lorsque la maladie se déclare, le SIDA - Syndrome de l'ImmunoDéficience Acquise – est le stade le plus avancé de l’infection.
La transmission a lieu de trois façons différentes :
Dépistage du VIH
Le dépistage du VIH joue un rôle crucial dans la prévention en permettant d’identifier rapidement les personnes vivant avec le virus, de les orienter vers un traitement et ainsi de réduire les risques de transmission.
Prophylaxie pré-exposition (PrEP)
La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est une mesure préventive qui consiste à administrer des antirétroviraux aux personnes à haut risque d'infection par le VIH afin de prévenir la transmission du virus.
Prévention de la transmission mère-enfant - PTME
La PTME repose sur l’administration d’un traitement ARV à la mère pendant et après la grossesse, et durant l’allaitement, ainsi qu’au nouveau-né après la naissance. En Afrique du Sud, la transmission mère-enfant reste relativement élevée, avec un taux de 4,3 % lorsque l'enfant atteint l'âge de 18 mois.
Les « populations clés » ou « groupes clés » comprennent les personnes touchées de manière disproportionnée par le VIH. Il s’agit notamment des travailleurs du sexe, des consommateurs de drogues injectables, des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et des détenus.
Malgré leur risque plus élevé de contracter le VIH, ces groupes clés sont souvent exclus de l'accès au traitement, de la prévention du VIH ainsi qu'à des services de santé complets. La stigmatisation, la discrimination, l'exclusion sociale, la violence et la criminalisation font partie de leur quotidien.
Le VIH affaiblit le système immunitaire. Sans traitement efficace, il rend les personnes touchées par le virus beaucoup plus vulnérables à des infections opportunistes mortelles.
Au niveau mondial, les principales causes de décès des personnes qui meurent du sida sont des maladies évitables, notamment la tuberculose, les infections bactériennes graves, la méningite cryptococcique, le sarcome de Kaposi, la toxoplasmose et la pneumonie à Pneumocystis, qui sont toutes des infections opportunistes.
Les patients infectés par le virus du VIH/SIDA ont 10 fois plus de risques de développer une tuberculose que les personnes séronégatives, principalement parce que leur système immunitaire est affaibli.
Traiter la tuberculose et le sida en même temps est complexe : les interactions médicamenteuses sont nombreuses, les effets secondaires plus lourds, et la mortalité et la morbidité sont plus importantes que pour chacun des traitements pris séparément.
La co-infection VIH/SIDA et de la tuberculose est la principale cause de mortalité parmi les personnes séropositives. Plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH et la tuberculose ne savent pas qu'elles sont coinfectées et ne reçoivent donc pas de soins pour la tuberculose.
Il n'existe aucun remède contre le VIH. Un traitement à vie combinant plusieurs médicaments appelés antirétroviraux (ARV) permet de contrôler le virus et d'allonger l'espérance de vie des personnes infectées, à condition qu'il soit pris régulièrement.
En 30 ans, le traitement du VIH a beaucoup progressé avec un meilleur accès et des médicaments plus efficaces. Autrefois considéré comme une condamnation à mort, le VIH est aujourd'hui davantage considéré comme une maladie chronique : grâce à l'accès au traitement et à l'observance thérapeutique, les personnes vivant avec le VIH devraient pouvoir rester en vie et en bonne santé. Mais des milliers personnes continuent de mourir de causes liées au VIH et de nombreuses lacunes et difficultés subsistent dans l'accès au traitement, en particulier chez les enfants.
Le VIH est une maladie qui dure toute la vie. Les personnes doivent prendre des ARV tous les jours de leur vie pour maintenir le virus à des niveaux indétectables et rester en bonne santé.
De plus, des études ont montré que les personnes qui suivent leur traitement et dont le taux de virus dans le sang est indétectable n’ont pratiquement aucun risque de transmettre la maladie à quelqu'un d'autre.
Si, pour une raison quelconque, une personne arrête de prendre ses médicaments, le virus recommence à se multiplier, attaquant le système immunitaire, et la personne peut tomber malade. Le virus peut alors devenir résistant aux médicaments de première intention, ce qui signifie que les personnes devront passer à des ARV de deuxième ou même de troisième intention, plus coûteux, pour contrôler le virus et retrouver la santé.
Les modèles de soins les plus efficaces pour les personnes vivant avec le VIH sont ceux centrés sur le patient et sur la communauté. Aujourd'hui, une personne séropositive se voit proposer un accompagnement psychologique et commence immédiatement un traitement, c'est ce qu'on appelle le « test et traitement immédiat ».
Les personnes en bonne santé sous traitement ARV n'ont pas besoin de soins médicaux intensifs. Elles veulent mener une vie normale, sans avoir à se rendre fréquemment dans des hôpitaux surpeuplés et faire la queue pendant des heures juste pour récupérer leurs médicaments.
MSF a mis en place des modèles de soins décentralisés en transférant les tâches de dépistage et de traitement des médecins aux infirmiers et aux agents de santé.
Du point de vue du système de santé, cela libère des ressources humaines souvent limitées pour permettre à davantage de personnes de commencer un traitement et pour s'occuper de celles qui ont le plus besoin d'aide.
Si la plupart des personnes vivant avec le VIH peuvent rester en bonne santé grâce aux antirétroviraux de première intention, qui coûtent environ 63 dollars par personne et par an, certaines développent une résistance à ce traitement et doivent passer à des traitements de deuxième intention. Les traitements de deuxième et troisième intention coûtent plus de quatre fois plus cher que ceux de première intention.
La plupart des pays les plus touchés par le VIH sont des pays à faibles ressources, en particulier en Afrique subsaharienne. Confrontés à d'importants besoins en matière de santé, ils peinent à faire face à un afflux continu de patients qui ont besoin d'un suivi et d'un traitement à vie.
Une fois le diagnostic posé, la surveillance de la charge virale, consistant à mesurer le taux de virus dans le sang, est essentielle pour évaluer l'efficacité du traitement. Dans les pays riches, les tests annuels de charge virale sont la norme mais leur accès reste très limité dans les pays à faibles ressources.
Dans les contextes de conflit et lorsque les populations sont déplacées, assurer la continuité des soins pour les personnes vivant avec le VIH est un vrai défi. L’approvisionnement régulier en antirétroviraux devient compliqué. Les problèmes logistiques et sécuritaires constituent des obstacles pour nos équipes et nos patients, qui ont pour mission de garantir aux personnes vivant avec le VIH l'accès aux soins et aux traitements dont elles ont besoin pour rester en bonne santé.
En République centrafricaine, au Yémen et au Soudan du Sud, MSF a distribué des « sacs de survie » contenant jusqu’à six mois de traitement antirétroviral aux personnes vivant dans des zones touchées par le conflit. Cela leur a permis de poursuivre leur traitement malgré l’impossibilité d’accéder aux cliniques.
En RDC, nos équipes constatent fréquemment les conséquences des ruptures de stock et des pénuries de médicaments et de diagnostics. Cela empêche les personnes d’être dépistées et de commencer un traitement. Les patients déjà sous traitement risquent alors de développer des infections opportunistes ou une résistance virale, ce qui compromet fortement leurs chances de survie.