Médias sociaux

Open the menu

Le développement des bébés dans la chaleur de sa mère, le peau à peau

La prématurité et l'insuffisance pondérale à la naissance constituent les principales menaces à la survie des nouveau-nés dans le monde. En Afghanistan, la mortalité néo-natale reste élevée (36 décès pour 1000 naissances vivantes*), et le pays se place au neuvième rang en ce qui concerne les décès dus à des complications liées à la prématurité.

Lorsque Médecins Sans Frontières, en partenariat avec le Ministère de la santé afghan, a ouvert sa maternité à Kaboul il y a juste un peu plus d'un an, l'unité néo-natale était prête à admettre un nombre significatif de nouveau-nés sous-poids dont l’état exige des soins particuliers. 

La méthode kangourou, ou « peau à peau » 

Dans l'unité néo-natale, les soins se concentrent sur la prise en charge des nouveau-nés malades et sur la prévention des complications chez les nouveau-nés plus à risque de le devenir. La méthode kangourou, ou « peau à peau » est une thérapie inestimable pour la mère et l'enfant.

Le nouveau-né est placé, peau à peau, contre la poitrine de sa mère ; mère et enfant sont emmaillotés ensemble. Ainsi le bébé est gardé au chaud, protégé des infections et allaité régulièrement. Il a été démontré que la pratique prolongée, c'est-à-dire plus de 20 heures de contact peau contre peau par jour, avec alimentation maternelle régulière, diminue la mortalité des nouveau-nés. Même sur des plus courtes périodes, cette méthode, bénéfique et peu exigeante en technologie, est encouragée dans le monde entier. 

Een verloskundige in het Dasht-e-Barchi-ziekenhuis in Kabul, Afghanistan, helpt een moeder bij geven van kangoeroezorg aan haar pasgeboren kind.
Une infirmière à l'hôpital de Dasht-e-Barchi à Kabul, Afghanistan, aide une femme à utiliser la méthode Kangourou avec son bébé. 

Nikola Morton (pédiatre) et Laura Acheson (infirmière néonatale) sont  toutes les deux convaincues de l'importance de renforcer cette méthode. Elles racontent comment cette pratique a été adoptée au sein de l’unité néo-natale de Dasht-e-Barchi.

Lorsque Morton et Acheson ont d’abord consulté les mamans et les soignantes rencontrées à l'hôpital de Dasht-e-Barchi, l'idée de peau à peau a été très bien accueillie d’autant que beaucoup de mères afghanes pratiquent déjà cette méthode avec les très petits nouveau-nés. En Dari , cela s’appelle, "le développement du bébé dans la chaleur de sa mère".

De moeders die hun kinderen kangoeroezorg gaven, worden de grootste ambassadeurs voor deze zorg naar nieuwe moeders.
Les mamans elles-mêmes en sont devenues les principales ambassadrices.

Les mamans sont devenues les principales ambassadrices

Pudeur et confort étant souvent cités comme des obstacles, cette méthode requiert un environnement sûr et accueillant. Comme dans les autres maternités de MSF en Afghanistan, l'unité néo-natale de Dasht-e-Barchi a donc pris des dispositions particulières, consacrant à cet effet une petite pièce avec cinq lits adultes. La salle a été rendue plus conviviale et les mamans sont assurées que la porte sera toujours fermée afin de préserver leur intimité. 

Au quotidien, dans l’unité néo-natale, Morton et Acheson ont aussi continué à insister sur la méthode peau à peau comme faisant totalement partie des soins à apporter aux nouveau-nés. Le fait que ces derniers soient sous oxygène, perfusés ou alimentés par canule nasale ne représente pas un obstacle, et cette pratique ne doit pas être considérée juste comme un 'supplément' pour un nouveau-né stable. A Dasht-e-Barchi, les médecins prescrivent quotidiennement le peau à peau, et le personnel infirmier est formé à son initiation auprès des mamans.

Le succès de la mise en place de cette méthode est exponentiel. Les mamans elles-mêmes en sont devenues les principales ambassadrices. Ainsi, elles renforcent le lien avec leur enfant, et elles gagnent aussi le statut de celles qui donnent directement un soin très important à leur bébé, ce qui est si important lorsque l'on a mis au monde un bébé prématuré ou malade et que l’on est souvent privée de ce statut.   

 

* Source: UNICEF, 2015.