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Haïti : « Besoin de renforts : tout le monde sur le pont ! »

Urgence dans un des hôpitaux gérés par MSF en Haïti. Ahmed, le responsable de projet, décrit la mobilisation et les émotions fortes de l’équipe.

« Il est 19h45 lorsque j’entends les premières sirènes. Deux gros camions chargés de passagers entassés les uns sur les autres sont entrés en collision. La salle d’urgence de l’hôpital MSF est remplie de blessés. Je rappelle les MSF rentrés au camp de base « On a besoin tout de suite de renforts : tout le monde sur le pont ! ».

Une demi-heure plus tard, l’équipe est au complet. J’annonce rapidement : « Blessés toutes catégories… 30 personnes. Autres blessés en route. L’urgentiste et les chirurgiens sont les points focaux des médicaux. La logistique, suivez moi! ». A peine ai-je fini mon discours que je vois arriver le staff national qui était aussi au repos. Je n’ai même pas dû les appeler. A partir de là, chacun connaît son rôle et sa place, pas de cris, ni de précipitation mais de l’activité. Cette attitude calme les blessés et les accompagnants. Les gens nous font confiance.

© D. Zeyneb Alhindawi Nouvelle urgence, un jeune homme gravement blessé à la jambe nécessite une prise en charge immédiate par les chirurgiens MSF.
Nouvelle urgence, un jeune homme gravement blessé à la jambe nécessite une prise en charge immédiate par les chirurgiens MSF. © D. Zeyneb Alhindawi

A 22h 30, une nouvelle vague de blessés arrive, la situation n’est pas jolie à voir. Il faut néanmoins continuer avec détermination et professionnalisme... A 23h30, le médecin urgentiste annonce enfin: « Blessés stabilisés à transporter dans les salles d’observation ». Tout le monde s’active, il n’y a plus de chirurgiens, de médecins ou de non-médicaux : nous sommes tous devenus brancardiers !

Il est minuit passé, dernière ligne droite avant de rentrer. Dans la voiture, l’équipe marque un moment de silence, suivi de croisements de regards. Quelqu’un lance avec fierté : « Les gars : 43 blessés, dont la moitié graves et en danger de mort, nous les avons sauvés ! ». A la nouvelle pédiatre qui  a été mise dans le bain dès son premier jour, je rajoute en aparté : « Merci pour ce que tu as fait et ce que tu vas faire encore. Et « bienvenue » chez MSF !... »

> Retourner vers le dossier - En Haïti, « l’après-urgence »  reste encore de l’urgence !

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